Jean-Paul Belmondo nous a quittés le 6 septembre 2021. Il avait 88 ans. La Cinémathèque française lui rend hommage jusqu’au 31 janvier 2027, avec une exposition intitulée « Belmondo, le Magnifique ». Archives personnelles, affiches, costumes, photos, dessins… racontent le parcours d’un acteur hors norme, présent dans quelque 90 films. « Belmondo, c’est l’Acteur avec un grand A. Pour lui, le cinéma, c’était la joie du partage, du jeu, toujours et tout le temps. Une façon bien à lui de célébrer la vie », commente Clémentine Deroudille, la commissaire de l’exposition. Une exposition sous forme de rétrospective. On démarre à Neuilly, où Belmondo est né. On enchaîne rue Victor-Considérant et le quartier de Denfert-Rochereau, à Paris, où il a grandi – parce que son père y avait son atelier de sculpture –. L’école ? Ce n’était pas son truc à Bébel. Il préférait la boxe, puis le théâtre. Recalé deux fois au Conservatoire, il persiste. Il insiste. Et il a raison : il l’intègre en 1952 et en sort quatre ans plus tard. Une période où il croise la route des Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Annie Girardot…
A bout de souffle, Jean-Luc Godard, 1960 © / STUDIOCANAL - Société Nouvelle de Cinématographie -
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Godard accoste Belmondo dans la rue…
Le cinéma ? Au départ, Belmondo n’y tient pas. Il estime davantage la scène. Il apparaît néanmoins dans Les Tricheurs de Marcel Carné (1958) ou encore dans Un drôle de dimanche de Marc Allégret (1958). Puis, c’est la rencontre avec Jean-Luc Godard, qui accoste Belmondo dans la rue… La suite ? Un court métrage – Charlotte et son Jules –, sans scénario, juste en impro. Puis À bout de Souffle (1960), qui change la vie du réalisateur et celle de l’acteur. Ils récidiveront en 1961 avec Une femme est une femme et, en 1965, avec Pierrot le fou. À 30 ans, Belmondo est déjà une star. Mais au-delà de ça, il tourne « non-stop » : une trentaine de films entre 1960 et 1965. En variant les registres : Claude Sautet, Peter Brook, Henri Verneuil, Jean-Pierre Melville… sans oublier, en 1959, le formidable À double tour de Claude Chabrol.
L'Homme de Rio a inspiré le personnage d’Indiana Jones
Au gré de sa déambulation dans la Cinémathèque, on arrive à la période Philippe de Broca. Un temps fort dans la filmographie de Belmondo. Cartouche (1962), L'Homme de Rio (1964) – qui a inspiré à Steven Spielberg son Indiana Jones… –, Le Magnifique (1973) et L'Incorrigible (1974) sont des longs métrages où le duo Belmondo-de Broca s’amuse. Ça se sent. Ça se voit. Le tout à grand renfort d’autodérision de la part de l’acteur : un bonheur ! Puis, les années 1970-1980 sont marquées par Borsalino de Jacques Deray, avec Alain Delon, et, bien sûr, tous les films dont Belmondo, le cascadeur, est le super héros. L’exposition pointe aussi Itinéraire d’un enfant gâté, de Claude Lelouch (1988), film pour lequel Bébel reçoit le César du meilleur acteur. Mais il ne viendra pas le chercher, partant du principe que « le public est le seul jury qui puisse vous accorder des distinctions, car nous n’existons que par lui et que pour lui ».
Le Magnifique, Philippe de Broca, 1973 © STUDIOCANAL - Nicolas Lebovici - Oceania Produzioni
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Déjeuner du dimanche
Les mots de la fin ? Une anecdote du milieu des années 1980. J’ai 15 ans. L’appartement familial à Paris se situe rue Froidevaux, à deux pas de la rue Victor-Considérant, où vit encore la mère de Belmondo. Régulièrement, le dimanche, l’acteur l’emmène déjeuner dans un restaurant voisin du cinéma Le Denfert, mon QG de l’époque. Je me souviens d’être allée voir Pierrot le fou, un dimanche en début d’après-midi. Hasard des horaires, j’ai croisé Belmondo – il sortait du resto – juste avant de faire connaissance avec Ferdinand Griffon, surnommé « Pierrot », dans la salle obscure. Merci Paris.
- « Belmondo, le Magnifique », jusqu’au 31 janvier 2027 à la Cinémathèque française : 51 rue de Bercy, Paris 12e –
- Catalogue de l’exposition, sous la direction de Clémentine Deroudille. Avec les textes et témoignages de Stella, Paul et Victor Belmondo, Frédéric Bonnaud, Jeff Domenech, Jean Dujardin, Stéphane Foenkinos, Gilles Lellouche, Clémence Rochefort, Sylvain Tesson... Et 200 photographies et documents rares ou inédits – Éditions Albin Michel, en partenariat avec la Cinémathèque française – 256 pages – 35 €
- À ne pas manquer :
- Rétrospective Jean-Paul Belmondo (sélection de 35 films), jusqu’au 29 novembre 2026.
- À bout de souffle, suivi du Ciné-club de Murielle Joudet : jeudi 15 octobre 2026 à 19h.
- Un homme qui me plaît, suivi d’un dialogue avec Claude Lelouch : dimanche 15 novembre 2026 à 14h30.
- Pierrot le fou, suivi d’un dialogue avec Alain Bergala : samedi 21 novembre 2026 à 14h30.


